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ON VA TOUS MOURIR…

 Un été historique !

Juillet 2023 a été le mois le plus chaud que l’on n’ait jamais enregistré sur terre. Et, probablement, le plus chaud, depuis plus de 120 000 ans selon l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). D’innombrables records de chaleur ont été battus  durant cet été au niveau mondial. En Asie, La Chine et l’Iran ont connu un indice de chaleur de 52.2°C et  66.7°C atteignant presque les limites de la survie humaine. Une hausse de la vague de chaleur en Europe a provoqué une hausse de la température de la Méditerranée.  Ces conditions climatiques, chaudes et sèches, ont également déclenché des incendies de forêt meurtriers en Afrique tuant au moins 34 personnes en Algérie, par exemple,  et 3 personnes en Tunisie. Les effets désastreux climatiques se sont accélérés. La planète est en feu. « Global boiling » si l’on se réfère aux propos de Mr. Antonio Gutteres, secrétaire général des Nations Unies.

On est tou.te.s appelé.es à mourir. Je ne vous apprends rien de nouveau. Qui pis est, dans un pays comme Haïti,  côtoyer chaque jour la mort nous a permis de développer ce cynisme et cette indifférence face à la chose. Pourtant, aujourd`hui, je vous dis qu’il y a possibilité de connaitre pire que la crise multidimensionnelle que nous traversons aujourd’hui : la guerre climatique. << Guerre Climatique>> parce qu’il s’agit d’un effondrement mondial et simultané. D’une extinction de masse de notre biodiversité causée entièrement par les humains. Les conséquences de la crise environnementale n’épargneront personne : de nouveaux conflits sociaux émergeront tandis  que les anciens seront amplifiés. Dans quelques dizaines d’années, on ne pourra même plus vivre sur cette terre.  Croyez-moi, n’est pas mon côté défaitiste et pessimiste qui s’exprime. Je ne fais que relater les faits et citer ce que les experts climatiques répètent depuis assez longtemps mais que personne n’écoute parce que l’on est trop occupé à survivre et à gérer les aléas de la vie quotidienne. Quoiqu’il en soit, si vous lisez ce texte, considérez ceci comme un signe. Prenez votre téléphone et textez  votre crush. Avouez-lui tout. Le monde brûle et touche à sa fin. C’est le moment de laisser l’amour vous consumer pendant que vous assistez à la destruction de notre planète.


Comprendre ce phénomène

Le réchauffement n’est pas immédiat. D’abord, l’air se réchauffe suivi de celui de la terre. Ensuite, les vents de surface attaquent la couche superficielle de la mer et, enfin, les profondeurs de l’océan. Et parce que notre planète est composée de trois quart d’eau (en vrai, notre planète n’aurait jamais dû s’appeler Terre), la majeure partie de la chaleur, absorbée par les océans, façonne et détermine notre climat.


Avant que nous n’existions et après que nous ayons disparu, l’océan continuera à  façonner notre climat. Dans les profondeurs de l’océan, multiples sont les éléments dont nous pouvons trouver : des plantes aquatiques, un navire naufragé, de l’or terni, un sous-marin contenant des ossements de milliardaires trop aventureux voulant voir  les restes du Titanic, etc… Dans ce même contexte, dans les profondeurs de la terre, nous trouvons des fossiles : des détritus qui se sont préservés dans la terre pendant longtemps. Leur combustion nous donne de la lumière, de l’énergie et de la chaleur. Certaines de ces combustions peuvent se produire de façon naturelle. D’autres, en revanche, ne le sont pas et sont causées par l’activité humaine (le pétrole, le charbon, etc..).

Les modèles scientifiques prévoient qu’à mesure que le monde consomme de plus en plus de combustibles fossiles, les concentrations de gaz à effet de serre continueront d’augmenter, et la température moyenne à la surface de la Terre s’élèvera avec elles. En d’autres termes, lorsque nous brûlons ces combustibles fossiles, cela libère du dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère, contribuant ainsi au changement climatique. Sur la base d’une série de scénarios d’émissions plausibles, les températures moyennes à la surface de la terre pourraient augmenter de 2°C à 6°C d’ici 2026 (A rappeler que, selon l’accord de Paris qui vise à lutter contre le réchauffement climatique, de nombreux gouvernements ont convenu de contenir l’élévation de la température moyenne de la planète en dessous de 1.5°C)

En d’autres termes, lorsque nous brûlons ces combustibles fossiles, cela libère du dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère, contribuant ainsi au changement climatique.

L’économie n’a jamais été une science abstraite et … neutre !

Toute une panoplie  d’actions écologiques  ont été entreprises pour diminuer l’effet du réchauffement climatique (recyclage, la non-utilisation des emballages plastiques, promotion d’une alimentation bio, etc..). Toute une panoplie de thèmes et de concepts économiques ont aussi vu le jour (économie verte, économie environnementale, etc..). Mais ces actions et thèmes ont vite  été récupérés par les capitalistes pour produire une illusion de lutte contre le réchauffement climatique. Et surtout, pour négliger la menace extraordinaire que représente le carbone déjà accumulé dans l’atmosphère. Toutefois, la vérité reste et demeure que ces actions ne sont pas et ne seront jamais suffisantes dans la mesure où les 1 % de ce monde ne réduisent pas significativement leur empreinte carbone dans ce monde.

Pendant des décennies, des économistes influents, des banques centrales et des institutions financières ont considéré qu’une croissance économique continue, mesurée en termes de produit intérieur brut (PIB), était essentielle à la prospérité d’un pays. L’Objectif de Développement Durable #8 exige que le PIB d’un pays augmente continuellement, de façon durable et soutenue.  Mais en cours de route, de nombreux chercheur.e.s ont remarqué que le PIB soutient un système économique qui crée de vastes inégalités et une dégradation de l’environnement. Comment avoir  une croissance illimitée sur une planète avec des ressources limitées?

Une croissance économique infinie dépend grandement de la consommation de combustibles fossiles. Depuis les années 1950, la croissance économique et la consommation d’énergie fossile se sont fortement accélérées pour répondre à la demande de biens et de services de la société des pays impérialistes. Et cette demande de biens et services existe dans une logique d’accumulation de capital et de satisfaction de la consommation des élites financières (SUV, jets privés, armes, etc..) et n’ont pas grand-chose à voir avec le bien-être humain.  Une croissance illimitée prônée par les Nations Unies et mesurée par le PIB gâche tout espoir de voir  les gouvernements impérialistes réduire leurs émissions de carbone. Car ces activités, parmi tant d’autres, ont un effet positif sur le PIB.

Ceci est la faute de l’homme!

Au milieu de ces crises météorologiques, d’autres records ont également été battus durant cet été : une consommation de pétrole et une production de charbon record ainsi que les bénéfices les plus élevés jamais enregistrés par des compagnies aériennes.

Le secteur du pétrole et du gaz a enregistré des bénéfices records au cours des deux dernières années, tant au niveau global qu’au niveau des entreprises individuelles.  L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE)  estime que l’ensemble du secteur a réalisé en 2022 des bénéfices d’une valeur stupéfiante de 4 000 milliards de dollars, alors que les estimations annuelles habituelles s’élèvent à 1 500 milliards de dollars. Les cinq plus grandes compagnies pétrolières internationales ont déclaré à elles seules 199 milliards de dollars de bénéfices nets en 2022.

En somme, de nombreuses façons dont les gens gagnent de l’argent sont liées à la pollution par le carbone. Les plus riches créent du CO2 par la consommation, le contrôle des moyens de production et leur pouvoir à orienter les politiques publiques selon leurs intérêts. Qu’il s’agit de la façon dont ils accumulent leur profit, le dépensent, du lieu où ils le gagnent ou de l’endroit où ils investissent une partie de leur revenu (en particulier s’ils sont liés à des industries liées aux combustibles fossiles).  Une étude réalisée par l’AIE a démontré que les 10% les plus riches de la planète contribuent entre 40 et 50% à l’émission de carbone dans le monde.

Dettes et Réparations Climatiques,

Juillet 2023 n’était qu’une toute petite fenêtre de ce à quoi notre monde pourrait ressembler sous le changement climatique. Voilà pourquoi Il me semble moralement et politiquement problématique qu’un groupe de personnes profite autant des émissions alors que les groupes les plus pauvres de la société (du monde), doivent faire face de manière disproportionnée aux effets néfastes de ces émissions

Historiquement, il a été prouvé que l’ensemble des pays pauvres ont très peu contribué au réchauffement climatique (1 ou 2 %)  par rapport à des régions comme les États-Unis et l’Europe. Et pourtant, ces pays peu industrialisées souffrent le plus de cet impact. Des recherches antérieures ont montré que les phénomènes météorologiques extrêmes aggravés par le changement climatique, (qu’il s’agisse d’inondations ou d’ouragans), ont souvent un impact plus important sur les communautés à faibles revenus.

Comme a dit l’économiste féministe Kate Raworth dans son livre Doughnut Economics, « Nous aspirons tou.te.s au bien-être. Nous voulons, tou.te.s, une économie qui sert le peuple et la planète, et non l’inverse. » Comment donc réorganiser le système économique actuel pour éviter des conditions écologiquement inacceptables? Comment dépasser la notion de PIB et mettre l’accent sur l’harmonie entre les citoyens et la planète? Et, le plus important, quand est ce que les pays du Nord supporteront les dommages causés par le changement climatique dans les pays du Sud?


1 réflexion sur “ON VA TOUS MOURIR…”

  1. Les différents organismes de l’ONU sont influencés par les pays les plus industrialisés de la planète. Le rapport de force qui existe entre ces pays là et ceux qui ne sont pas industrialisés est énorme. De ce fait, je ne vois pas comment ces pays victimes du réchauffement climatique peuvent obtenir de ces pays qui pratiques l’industrialisation à outrance justice et réparation. La dénonciation est bonne, mais insuffisante pour changer la situation de manière concrète. Mais vous faites du bon travail. Toutes mes félicitations.

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